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Le Nuad Boran dans la médecine traditionnelle Thaïe

Thérapie traditionnelle de Yam Kang

Le praticien utilise l’huile aromatique, le feu, son bâton à prière et ses pieds.

Le massage est une base des médecines traditionnelles qui s’inspirent toutes du même principe : celui de la nature.

Il est probable que la médecine traditionnelle thaïe ait pris forme en s’inspirant des grandes cultures asiatiques. On trouve par exemple des similitudes avec les médecines d’Inde et de Chine.

La pratique des  « pressions thaïes traditionnelles » (nuad thaï boran) est originale de par son approche pratique et spirituelle. Elle est particulièrement intégrée à la culture thaïe, que ce soit dans les temples ou dans les familles, chez les cultivateurs de champs de riz comme chez les nobles et les rois.

Pratique traditionnelle de Tok Sen

Pratique traditionnelle de Tok Sen

Les Moe Boran (docteurs traditionnels) sont des hommes bons au  service de leur communauté.
Ils se transmettent un savoir familial de génération en génération.

Les Moe Boran  allient le massage à d’autres thérapies comme l’herboristerie, les pratiques rituelles chamaniques et bouddhistes (avec l’utilisation de prières, mantras et méditation), la diététique,  le yoga thaï, les soins prénataux,  les pratiques de désintoxication…

Certains praticiens sont spécialisés en Nuad Boran (Moe Sen) et on distingue les pratiques de campagne et celles de la cour royale.

 

Principes des médecines traditionnelles

Les médecines traditionnelles voient la santé au travers de l’équilibre entre l’homme et la nature. Cet équilibre est la clé d’une bonne santé.

Tok Sen

Tok Sen

Avant de traiter directement une maladie, elles enseignent aux personnes à prendre en charge leur propre santé et leur bien-être dans leur vie de tous les jours.

Le principe fondamental est celui de la force vitale, « prana » en sanscrit, « chi » en chinois,  «  ki » en japonais ou « long »  en tibétain.

Prana est l’énergie qui permet de fonctionner, la substance de toute chose matérielle ou immatérielle. A son niveau le plus subtil, elle est non localisée.

L’humain est considéré dans sa globalité : corps / énergie / esprit. Ces 3 aspects sont interconnectés et s’influencent mutuellement. Si l’un est défectueux, les autres en pâtiront. Il est capital de cultiver et de préserver une bonne énergie. La respiration, l’alimentation et la gestion des émotions en sont les premiers facteurs.

Les 4 éléments de la médecine thaïe

S’ajoute à cela le principe essentiel et universel des 5 éléments (la médecine traditionnelle thaïe en garde 4) qui sont une manifestation du prana. D’un niveau subtil a un niveau plus grossier :

  • L’élément air, principe de mouvement (souffle, circulation sanguine, système digestif).
  • L’élément feu (chaleur métabolique, assimilation des aliments…).
  • L’élément eau pour les liquides (sang, lymphe, salive, larmes…).
  • L’élément terre pour tous les solides du corps (os, peau, dent, ongles…).

Dans le Nuad Boran les thaïs mettent l’accent sur l’élément air.

Le lompran : l’énergie vitale

En Thaïlande, on parle de lompran, « lom » signifiant air et « pran » prana, la force vitale. Le lompran circule à travers le corps. Comme son nom l’indique, il est connecté à l’élément air, le mouvement. Le lompran est responsable de la communication à l’intérieur du corps. Les aliments sont assimilés, le sang circule et les nerfs transportent les informations.

Il circule dans des canaux, les textes parlent souvent de 72000, dans d’autres 84000 canaux, ce qui veut dire qu’ils sont répartis dans tout le corps. A un niveau grossier ces canaux sont les veines, artères, vaisseaux lymphatiques, et nerfs. A un niveau subtil, ces canaux ne sont pas physiques mais énergétiques.

 Russi en samadi

Russi en samadi – Il est assis sur un cobra royal, ce qui symbolise la maitrise des énergies.

La médecine traditionnelle thaïe garde 10 canaux principaux appelés sensip. Les sensip sont connectés aux lignes myo-faciales. Ils sont travaillés, irrigués afin de dissoudre les tensions et les zones congestionnées par un excès de prana.

Restaurer une relation harmonieuse entre le corps et l’esprit en maintenant une circulation libre et naturelle du lompran est le fondement de la prévention et de la santé en médecine traditionnelle.

C’est ce sur quoi agit la pratique du nuad boran.

Les Yogis Thais

Sont vénérés dans la culture thaïe de nombreux personnages comme certaines divinités, les rois, le Bouddha, les grands moines et les Russis.

Les Russis (mot thaï dérivant du mot sanscrit Rishi) sont des yogis accomplis, chamanes vivant en parfaite harmonie dans la nature et les éléments et reconnus pour avoir développé pouvoirs et connaissances propres à chacun.

Le Docteur Jivaka

Docteur Shivaga Komarpaj

Docteur Shivaga Komarpaj, Père de la médecine traditionnelle thaïe.

Jivaka Kumarabhacca (Shivo ou Shivaga Komarpaj en Thaïlande) est le “Russi”, considéré en Thaïlande comme le fondateur de la médecine traditionnelle. Il naquit en Inde au temps de Sakyamuni, le Bouddha historique. C’était son médecin personnel ainsi que celui de la sangha des moines. 

Sa réputation de docteur fut telle que sa légende s’est répandue au fil du temps au travers de l’Asie du sud, en Inde, au Tibet, en Chine et plus tard en Thaïlande avec l’introduction du Bouddhisme Theravada.

Son culte reste particulièrement vivant parmi tous les praticiens de santé de la tradition thaïe et il tient sur les autels une place centrale aux côtés du Bouddha. Les masseurs chantent tous les jours (ou avant un soin) un mantra pali en son hommage qui est en soi un enseignement universel très profond.

On trouve des récits de sa vie dans divers textes anciens notamment dans les sutras bouddhistes.

Le docteur Jivaka était un être exceptionnel au service des autres. Il détenait une haute connaissance et compréhension des éléments de la nature et pouvait diagnostiquer une pathologie à son origine pour trouver le remède adéquat. Il excellait en chirurgie, en acupuncture et en herboristerie (il savait utiliser chaque plante, herbe ou racine pour soigner).

Inspiré par le Bouddha dont il était un fervent disciple, le plus dévoué de tous les laïcs, Jivaka « le fils adoptif du prince Abhaya » atteint la compassion et la sagesse ultime.

S’il est vénéré, c’est pour les qualités qu’il représente :

« Pour tout donneur de Nuad Boran, le rappel de la mémoire de Shivago Komarpaj est une pratique lui permettant de se nettoyer des préoccupations personnelles, de s’établir dans une intention bienfaisante, de limiter son égo de praticien et de se rendre plus présent et réceptif »

(Nuad Boran, aux sources de la thérapie corporelle thaïe, C.Breger)

N’est-ce pas le cœur de la pratique, au-delà de toutes techniques ?

Wai Kru, OM NAMO SHIVAGO

(Hommage à Shivago)